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jeudi 6 mars 2014
Le nouveau totalitarisme moral
G. Orwell en avait rêvé (ou du moins il l'avait imaginé comme un cauchemar possible dans un Etat totalitaire), et les féministes socialistes l'ont fait : contrôler la vie sexuelle des individus, jusque dans leurs fantasmes. Nous avions connu les années de lutte contre la morale puritaine de la bourgeoisie occidentale, grâce au secours de la psychanalyse freudienne, tout d'abord, puis de ses héritiers libertaires tels que W. Reich ensuite, avec le soutien et l'appui théorique de penseurs libertaires tels que Marcuse, pour enfin en venir aux utopies concrètes de mai 68. Depuis 30 à 40 ans, s'est opéré le retour progressif à l'ordre de la morale sexuelle, en réaction au mouvement libertaire, sous l'impulsion de mouvements féministes de plus en plus radicaux, en particulier aux Etats-Unis, avec des figures telles que C. McKinnon ou A. Dworkin, qui finissent par tisser des liens avec la droite réactionnaire et catholique, ainsi qu'on a pu le voir au moment du vote de lois contre la pornographie ou le harcèlement sexuel, qui suspecte tout acte de drague d'être l'expression d'une forme de harcèlement. Ce féminisme radical prétend lutter contre la domination patriarcale, pas seulement dans le domaine économique (différentiel de salaire entre hommes et femmes), et dans celui des relations de pouvoir, mais encore dans le domaine "sociétal" des relations entre hommes et femmes (partage des tâches domestiques, harcèlement sexuel, interdiction de la prostitution par la pénalisation des clients, idéologie du genre et de l'indifférenciation sexuelle), voire dans celui de l'imaginaire sexuel (interdiction de la pornographie, rééducation morale des hommes et de leurs désirs, image de la femme dans les médias), or cela ne conduit en définitive qu'à une chose : une forme "moderne" de totalitarisme politique et moral, qui prétend réduire les libertés individuelles au nom de l'intérêt général, ou plus exactement au nom de l'intérêt particulier des femmes, tel que le définissent les féministes. La crainte d'une réalisation de ce "totalitarisme démocratique" dont qu'envisageait Tocqueville il y a 150 ans se réalise donc aujourd'hui. On a cru longtemps qu'il prendrait le visage du communisme, et d'une forme de dépossession des libertés individuelles au nom du bien-être économique par la collectivisation forcée et la nationalisation intégrale des moyens de production, et nus voyons aujourd'hui qu'il se concrétise à partir de la question sexuelle et des différences entre les hommes et les femmes. Comme quoi la sournoiserie de l'antilibéralisme peut suivre des chemins inattendus et imprévisibles, mais il réclame notre vigilance constante, afin d'échapper à la domination et à la contrainte politique et morale dans notre société.
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