Le problème fondamental du débat actuel contre la
prostitution, c'est la prétention de mêler les normes morales à la
sexualité : c'est une contradiction foncière avec les
exigences libertaires de mai 68, et de qu'on a nommé (sans doute
abusivement) la « Révolution sexuelle », qui affirmaient
haut et fort le refus de voir les normes religieuses, politiques et
sociales poser un frein aux désirs sexuels des individus. Les normes
féministes ne diffèrent guère des normes sexuelles
traditionnelles, et celles-ci n'auront fait, depuis maintenant une
vingtaine d'années, qu'allumer les feux d'une guerre des sexes, dont
les hommes sont les principales victimes. Aujourd'hui, ce sont les
clients des prostituées que l'on envisage de sanctionner, demain ce
sera sans doute les consommateurs de porno, les amateurs de la
levrette ou du coït anal, voire tous ceux qui utilisent le corps de
la femme dans des représentations à caractère publicitaire.
La
vision très négative de la prostitution développée dans la
propagande abolitionniste mériterait d'être contrebalancée par les
récits de la prostitution comme source de bonheur et de joie pour
les hommes qui fréquentaient les maison de plaisir. La littérature
en offre de nombreuses illustrations, notamment chez Maupassant, qui
était un client régulier de ces endroits. Faudrait-il aujourd'hui
le regarder comme un odieux « client prostitueur », ainsi
que le suggèrent les féministes hystériques ? On interdirait
ainsi la lecture de La
Maison Tellier,
qui dresse un portrait assez avantageux d'une activité qui ne tend
rien moins qu'à apporter de la joie aux hommes qui la fréquentent,
et une source de revenu régulier à celles qui y travaillent. Pour
Maupassant, c'était d'abord un endroit où il pouvait donner libre
cours à son énergie sexuelle débordante, et à son appétit des
femmes. C'était également le cas pour son mentor en littérature,
je veux parler de Flaubert, qui nous donne une description épique
de sa nuit passée chez la courtisane égyptienne Kuchuk-Hanem, dans
la relation épistolaire de son voyage en Orient (lettre à Louis
Bouilhet du 13 mars 1850). Nul doute qu'il serait aujourd'hui
considéré comme un affreux pratiquant du tourisme sexuel si décrié
de nos jours par les tartuffes des guides de voyages pour nomades des
temps modernes (voir les propos des personnages de Houellebecq au
sujet du Guide
du routard,
dans son roman Plateforme).
Toute cette pudibonderie de donneur de leçons, tout ce ramassis de
moraline puritaine prétendument humaniste n'est d'ailleurs pas sans
rappeler les vociférations féministes du personnage de la Vatnaz
dans L'éducation
sentimentale
du même Flaubert. Il n'y a au fond de toutceci rien d'autre que
l'expression d'un ressentiment digne de la morale des esclaves, dont
Nietzsche s'est fait l'analyste brillant, aussi bien lorsqu'il
dénonçait sa manifestation dans les revenduications des socialistes
de son temps, que lorsqu'il raillait les féministes. Il peut bien y
avoir un fonds d'esprit conservateur et réactionnaire chez ce
philosophe, aussi bien qu'une part de misogynie, il n'en demeure pas
moins qu'en dénonçant la tentative de modeler les mœurs et les
désirs masculins à leur propre guise et attentes, les féministes
manifestent une forme de frustrztion et de désir de vengeance à
l'égard d'une force qui les dépasse et qu'elles envie, ce qui les
apparente à des esclaves exhalant leur ressentiment. Or la morale
abolitionniste des féministes est profondément anti-naturelle, et
typiquement l'expression de cette « morale en tant que
manifestation contre-nature » que dénonçait Nietzsche dans Le
Crépuscule des idoles.
La
prostitution est ainsi vécu par les hommes comme un bonheur, un rêve
d'une relation aux femmes heureuse, où le désirs sexuels seraient
enfin exhaussés, loin de toute contrainte morale ou de difficulté
de séduction. C'est le bonheur sexuel pour tous, quelle ques soient
less capacités de séduction ou de beauté, c'est le bonheur sexuel
à la portée de tous, pour peu qu'on possède les moyens financiers
de le satisfaire. Il y en a ainsi pour toutes les bourses, depuis la
« maison d'abatage », jusqu'aux alcôves luxueuses des
plus grandes maisons parisiennes (Sphynx, Chabanais, etc..).
Pour
conclure, on peut avancer que le féminisme anti-prostitutionnel est
l'ultime
ruse des femmes pour mater et rééduquer la sexualité masculine.
Sous couvert de moralité et d'humanisme, il s'agit de contraindre
les hommes à pratiquer la forme de sexualité qui rassure les
femmes et correspond à leur attentes en la matière, savoir une
sexualité tournée vers la maternité et la fidélité du géniteur.
Les femmes sont en effet travaillée par la question de la maternité,
qui maintient sur leur inconscient un souci de la maternité et de
l'engendrement, qui va à l'encontre de la tendance naturelle des
hommes au libertinage.
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