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mercredi 8 janvier 2014
La politique de sécurité routière, ou le paternalisme politique appliqué.
Je reprends la rédaction de ce blog après 2 années d'interruption, alors que j'avais oublié jusqu'à l'existence de celui-ci ! Peu importe d'ailleurs, puisque je le rédige surtout pour moi, pour présenter quelques unes de mes réflexions sur l'actualité sociale et politique, enrichie par des lectures diverses et variées (philosophie, sociologie et politique, principalement).
Le sujet d'ailleurs ne variera pas pour cette reprise, puisqu'il s'agira encore de la sécurité routière. J'ai eu l'occasion depuis 2 années de faire l'expérience des méfaits de la politique du permis à points et du radar, puisque j'ai perdu mon permis il y a maintenant 2 ans et demi, et que je ne l'ai toujours pas récupéré, ce qui ne m'empêche pas de continuer à conduire, puisque le besoin d'un transport autonome se fait sentir cruellement quand on habite la banlieue, et qu'il n'y a aucune raison de respecter une injonction judiciaire ou policière à ne plus conduire, dans la mesure où je m'estime parfaitement apte à le faire (ce n'est pas forcément le cas de tous ceux qui ont encore le leur de permis, je pense notamment aux plus jeunes n'ayant pas fait l'expérience de la route), et que je suis surtout la victime, parmi des milliers voire des millions de français, de la politique absurde en matière de sécurité routière, qui a été mené depuis environ 10 ans, et renforcé progressivement, au fur et à mesure de l'installation de ces jackpots policiers que sont les radars automatiques, ainsi que du durcissement des limitations de vitesse et des restrictions diverses dans la conduite automobile.
La justification des autorités pour cette politique, on la connait : c'est la baisse du nombre de morts et d'accidents sur la route, décrétée cause nationale, sans d'ailleurs que qui que ce soit ait été consulté parmi les électeurs. C'est d'abord en cela que le paternalisme politique se manifeste : l'Etat décide de ce qui est bien pour nous, et nous n'avons qu'à exécuter les décisions qu'il prend à notre place. Aucune contestation n'est possible, puisque l'Etat-facho, l'Etat-garde chiournes en a décidé ainsi : et l'on ose encore nous parler de souveraineté populaire ! Ce concept clef des régimes républicains ou démocratiques est inscrit dans la Constitution, mais elle n'a guère d'application que lorsqu'il s'agit de voter pour Pierre ou Paul, autrement dit bonnet blanc ou bonnet blanc, afin de garnir les bancs de l'Assemblée Nationale, et donner ainsi une caution à un système qui constitue un déni de démocratie directe ou même participative. Pour ma part, j'ai décidé une bonne fois pour toutes de ne plus participer à aucune de ces mascarades électorales, à moins qu'on me consulte un jour pour me demander ce que je pense de la politique de sécurité routière, de la loi sur le mariage pour tous, ou de la loi pénalisant les clients de la prostitution. Mais dans ces domaines, les pouvoirs se gardent bien de consulter les citoyens, et préfèrent voter dans leur coin des lois dont ils savent pertinemment qu'elles sont impopulaires. Et c'est cela qu'on nomme "la souveraineté populaire" : donner le pouvoir à des représentants du peuple qui voteront ce qu'ils voudront, et contre l'intérêt des citoyens, dont ils se prétendent être les interprètes les plus éclairés ! Comment ne pas devenir anti-parlementariste dans ces conditions ! On comprend mieux tout le rejet populaire dont cette "démocratie parlementaire", qui n'a de démocratie que de nom, peut faire l'objet parmi tant de français ! Toujours est-il que je refuse de lui donner la caution de mon vote, en ce qui me concerne, ce qui ne changera pas grand chose aux résultats finaux des consultations électorales, de toute façon.
Pour en revenir au sujet qui m'intéresse, la sécurité routière, il faut observer de quelle manière le nombre de vies sauvées grâce à cette politique devient l'alibi qui sert à justifier auprès du grand public une législation inique et inepte (un peu comme la représentation des intérêts populaires par les "élus du peuple" devient l'alibi pour justifier un système politique qui va à l'encontre de l'intérêt des individus). Tout d'abord, on nous brandit les chiffres très fantaisistes du nombre de morts prévisibles en cas de baisse des limitations routières. C'était encore le cas récemment avec la baisse annoncée des limitations de vitesse sur le périphérique parisien. D'où sort-on ces chiffres ? D'un chapeau de magicien probablement ! Les fonctionnaires de l'Etat sont pourtant bien incapables de nous donner des prévisions de croissance économique ou de météorologie fiables, et ils voudraient encore nous informer d'une baisse du nombre de morts hypothétiques ! La vérité, c'est que dans les statistiques brandies fièrement par l'Etat et ses "experts" (payés par ses soins, et donc pas vraiment impartiaux), il y a une conjonction de causes qui concourent à améliorer la sécurité sur les routes, et que les limitations de vitesse n'est que l'une de ces causes. De telles statistiques ne sont que de la poudre aux yeux destinée à cautionner l'usage intensif et sournois de radars automatiques qui servent surtout à remplir les caisses d'un Etat "en situation virtuelle de faillite" (comme l'affirmait l'ancien premier ministre Fillon). D'autres causes, telles que l'amélioration de l'état des routes (quand l'Etat prend la peine d'y veiller, ce qui n'est pas toujours le cas), mais aussi de l'état des véhicules, la vigilance à l'égard de l'absorption d'alcool et de stupéfiants, à l'égard de la somnolence, contribuent à l'amélioration globale de la sécurité routière. Il ne s'agit pas pour moi de défendre une absence totale de limite de vitesse sur les routes, mais de dénoncer à la fois les limitations abusives et trop strictes qui ne prennent pas en compte la capacité du conducteur à maitriser son véhicule, et l'hypocrisie qui consiste à nous faire croire que l'Etat ne songerait qu'à notre bien (comme si nous n'étions pas nous-mêmes capables de le connaitre sans la menace policière qu'il agite en permanence), quand il déguise, en vérité, une politique de taxation et d'impôt routier en politique bienveillante de défense de l'intérêt des conducteurs. Les conducteurs ne sont ainsi que les vaches à lait, les moutons tondus sur place, dont l'Etat récolte à la fois le lait et la laine. On pourrait d'ailleurs ajouter à cet "impôt policier", comme le nomme judicieusement l'ancien commissaire de police Philippe Vénère, les taxes de stationnement, judicieusement disposées par les municipalités pour engranger le plus de bénéfice (tout comme les radars automatiques, d'ailleurs), près des gares, des stations de métro et de RER, et partout où les citoyens-conducteurs éprouvent un besoin bien légitime de stationner. Il ne s'agit pas de favoriser la "rotation des véhicules" (comme il est dit hypocritement dans les arrêtés municipaux), pour que tout le monde en profite, mais de remplir les caisses des collectivités locales.
Ce qu'il faut ici critiquer, c'est l'idée d'une politique proprement paternaliste, au sens d'une approche infantilisante et déresponsabilisante, puisqu'elle dénie toute capacité au conducteur à estimer la dangerosité de sa conduite en fonction de critères objectifs (état de la route et du trafic, configuration de la route et disposition des autres véhicules), appliquée prétendument dans l'intérêt des conducteurs eux-mêmes, mais en vérité dans la privation de toute capacité d'autonomie et de liberté individuelle. Les crocs de la contrainte policière se sont progressivement refermés sur la jambe des citoyens, depuis 10 ans, lesquels ont perdu la prise en considération de leur vigilance, à partir du moment où celle-ci s'écarterait des limites souvent arbitrairement décidée par la police et par l'Etat, alors même que ces limitations de vitesse deviennent chaque jour plus réduite, et que l'Etat affirme son désir de réduire encore davantage le nombre de morts sur les routes, ce qui ne signifie rien d'autre que ceci : les conducteurs vont être encore plus taxés et flashés, ils perdront encore plus de points sur leur permis, et davantage de permis vont être retirés, ce qui signifiera que davantage de conducteurs vont rouler sans permis.
Tous ces "morts sauvées", ou ces "accidentés de la route évités", personnellement, je n'en fais pas partie, mais par contre je fais partie des milliers de conducteurs qui se sont vus du jour au lendemain flashés et taxés de centaines, voire de milliers d'euros d'amendes à payer, qui ont perdu progressivement tous leurs points sur leur permis, sans qu'aucun accident n'en soit la cause, et qui doivent attendre 2 ans, voire davantage, puisque le nombre d'inspecteurs du permis de conduire n'a pas été augmenté dans l'intervalle, pour repasser leur code, ou leur conduite. Et l'on voudrait que nous acquiescions à une telle politique ? Et l'on voudrait que nous soyons d'accord avec une politique qui prétend agir dans notre intérêt, alors qu'elle ne fait que nous priver de notre argent, de nos moyens d'actions et de déplacement et de notre tranquillité ? La sécurité routière peut et doit être conçue dans l'intérêt des automobilistes, et non pas contre leur volonté et dans la privation de leur liberté individuelle. Si c'est vraiment le souhait sincère de l'Etat (mais j'en doute) de servir l'intérêt commun, alors il faut que celui-ci conçoive qu'une politique en la matière doit se faire en cohérence avec les libertés individuelles et avec la capacité d'autonomie et de discernement des conducteurs (surtout des plus expérimentés et des plu prudents, au vu de leurs statistiques réelles et fondées en matière d'accidents), et non pas en imposant d'une manière aussi absurde que maintenant un respect scrupuleux, mais aveugle et borné (comme seuls les flics en sont capables !) des limitations de vitesse, ainsi que des règles de circulation automobile. Il faudrait surtout que cesse la politique imbécile et obstinée du permis à points, dont on ne peut par exemple récupérer l'intégralité qu'au bout d'une période de 3 ans sans infraction (ce qui devient hautement improbable au vu de la multiplication des radars fixes, mais aussi des radars embarqués dans des voitures banalisées de la police, qui doivent faire leur apparition prochainement). Cela conduit finalement à faire peser à vie la menace permanente d'une perte intégrale et imminente de tous les points. Il faudrait enfin que les citoyens cessent d'être pris pour des criminels en puissance, auxquels on ne peut accorder aucun crédit ni aucune confiance. Il faudrait, enfin, que l'Etat, et les politiques, se souviennent qu'ils ne doivent leur pouvoir qu'à la souveraineté populaire, et que celle-ci, comme le prévoit la constitution, les citoyens sont fondés à la reprendre, s'ils estiment qu'on en abuse, et qu'elle est exercée contre leur intérêt. Mais pour cela, il faudrait que les citoyens-conducteurs se réveillent, et comprennent qu'on les abuse, et qu'ils seraient fondés à exiger de leurs gouvernants qu'ils cessent de les tondre comme des moutons, et qu'ils les respectent. Mais ça, c'est une autre histoire. En ce qui me concerne, en tous cas, mon choix est fait. Et vous ?
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