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vendredi 10 janvier 2014

Les 3 âges de la prostitution :

Il semble que l'on puisse envisager 3 moments dans l'histoire de la prostitution, qui dépendent chacun de la nature de la société, c'est-à-dire de ses mœurs et de sa législation. Chacun de ses moments se trouve reproduit et réinterprété selon des motivations différentes, et à des époques différentes, mais avec des résultats identiques à chaque fois.Tout d'abord le moment abolitionniste, qui peut être aussi bien motivé par le rigorisme moral d'inspiration religieuse, que par des idéologies qui prétendent émanciper ceux ou celles qui sont présentés comme des victime. Ce système est pratiqué à l'heure actuelle dans les pays nordiques, et peut-être bientôt en France, mais aussi dans les pays musulmans pratiquant la charia. Ensuite le système réglementarisme, pratiqué notamment en France au 19e siècle, et qui admet la prostitution à condition qu'elle soit encadré dans un réglementation stricte, notamment par le contrôle médical régulier des filles de joie, des normes en matière de visibilité et d'avertissement du public, etc... Dans le faits, ce système conduit à placer les personnes prostituées sous un étroit contrôle et une étroite dépendance aussi bien des maquerelles et des maisons de tolérance, que de l'Etat, puisque la prostituée présenterait un risque permanent pour le public. Enfin le moment qu'on qualifiera de libéral, et qui vise à favoriser l'autonomie de la personne prostituée vis-à-vis d'éventuels souteneurs ou de contraintes extérieures, de manière à ce que celle-ci obtienne le statut de travailleur sexuel, qui l'apparente à un travailleur à aprt entière. On ne peut que souhaiter que, selon un processus d'évolution comparable à celui de la dialectique hégélienne, la prostitution suive partout le mouvement qui passe de l'interdiction rétrograde, au réglementarisme contraignant, pour enfin aboutir à l'émancipation dans le système libéral.
Les féministes abolitionnistes semblent réduire la réalisation des projets sociaux utopiques à la mise en place autoritaire de leurs normes prétendument humaistes dans une série de domaines touchant aussi bien à la santé, à la sexualité, à la circulation routière, les politiques présupposant connaître mieux que les individus placés sous leur contrôle, au nom desquels on invoque la souveraineté populaire dont les politiques tireraient leur autorité et leur pouvoir, ce qi constitue leur intérêt propre. Trop souvent les politiques semblent avoir oublié qu'ils ne tirent, d'après la Constitution qui est la nôtre et celle de tous les régimes républicain ou démocratiques, leur souverai,eté que du peuple, mais ils se servent le plus souvent de ce prétexte pour s'abriter derrireè les institutions qu'il seraient chargés de garatir avant, de sorte qu'en brimant citoyens ils montrent qu'ils ne font que servir l'intérêt de la machine étatique placée sous leur contrôle, et dont ils se chargent de perpétuer l'existence. On opposera à ce mode de fonctionnement politique la démocratie directe et l'usage du mandat impératif, en vertu duquel les représentants du peupls se voient confiés des missions qu'ils ont à exécuter sans outrepasser la missison qui leur a été confiée expressément. Tous les abus commis par les gouernants en ce qui concerne la santé, la circulation routière, la sexualité sont la parfaite illustration de cet abus de pouvoir caractérisé, dans un régime prétendument fondé sur la souveraienté populaire et les Droits de l'Homme et du Citoyen. En ce qui concerne la prostitution, c'est ainsi que l'on voit les lobbys féministes s'emparer des rênes du pouvoir pur imposer au plus grand nombre leurs normes.
Pour en revenir aux normes qui se veulent humanistes et égalitaires dans le traitement des rapports hommes femmes, on observera tout d'abord qu'il y a bien des manières différentes de traiter la « question sexuelle », qui concerne aussi bien la recherche de partenaires pour l'enfantement voire la reconnaissance de paternité (plus manifeste chez la femme), que celle de la recherche de jouissance (plus présente chez l'homme). La norme humaniste aurait pour mission de ramener les personnes pratiquant la prostitution dans le droit chemin, qui serait celui de l'autonomie économique et morale loin des affres de la dépendance prostitutionnelle. Or la prostitution elle-même peut devenir une forme d'autonomie économique, comme le montre aussi bien le cas des jeunes thaïlandaises, que celui des transsexuelles du bois de Boulogne pratiquant cette activité pour financer leur transformation, que des chinoises de Belleville, couramment appelées « marcheuses », qui trouvent dans cette activité une forme de subsistance sans laquelle elles n'auraient aucune autre source de revenu. Que prétendent apporter à toutes ces personnes les abolitionnistes ? Quelle autre activité économique serait susceptible de leur procurer autant d'argent en aussi peu de temps ? Donnera-t-on des formations de caissière ou de couturières à toutes ces prostituées que l'on veut ramener dans le « droit chemin », alors même qu'un certain nombre de personnes nous témoignent du fait qu'elles ont embrassé, de manière plus ou moins régulière, cette activité pour échapper à la routine, à l'ennui et aux boulots mal payés de l'économie traditionnelle ? Déjà incapables de traiter le problème du chômage de masse, les socialistes français ralliés à la cause abolitionnistes auraient-ils le secret pour résoudre les difficultés économiques des prostituées ? On rit doucement en lisant le programme d'accompagnement vers la sortuie de la prostitution à destination des personnes concernées !
Par ailleurs, la conception qui se veut humaniste du traitement du phénomène de la prostitution laisse intacte la difficulté sexuelle propre aux hommes, à savoir le besoin de satisfaire des pulsions que les réticences féminines rendent désagréable. Quel est cet être prétendument épanoui et heureux qui ne trouve dans la société où il vit que des motifs de frustration et de contraintes à l'égard de la satisfaction de ses besoins les plus élémentaires ? Ce n'est pas pour rien que l'on a pu, comme l'a fait la philosophe canadienne M. Nussbaum, placé la satisfaction sexuelle au nombre des « biens premiers », qui sont, dans le système philosophique de J. Rawls, « tout ce qu'on suppose qu'un être rationnel désirera », parmi lesquels on peut compter la détention d'un logement, des moyens de subsistance alimentaire, la formation intellectuelle et professionnelle, les libertés de base (expression, participation au processus de désignation des gouvernants). Les seuls droits énumérés dans la Constitution des Droits de l'Homme ne suffisent pas à faire un homme épanoui et heureux. La liste plus exhaustive des biens premiers proposés par Nussbaum y contribuent bien plus largement. Hors la satisfaction sexuelle ne pourra qu'être obtenue plus difficilement sans la prostitution. Si l'on envisage d'accorder des « assistantes sexuelles » financées par l'Etat aux handicapés, comme c'est le cas dans certains pays (Pays-Bas notamment), pourquoi ne pourrait-on pas envisager d'en faire autant avec tout homme ? C'est le sens des utopies proposées par Fourier par exemple, qui placent la satisfaction de tous les désirs humains, par la création d'une forme de prostitution institutionnalisée et financée par les citoyens eux-mêmes.

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